Le C.F.W.

LE CABARET FRANCO WALLON d’O.S.R.

( Réalisatrice responsable d’édition Jeannine Anthoine )


Il y a presque 30 ans, des ‘animateurs’ d’une émission ‘commerciale’ d’accordéon, de chansons de variétés et de dédicaces d’une radio « conviviale de proximité » comme il en existait beaucoup en Communauté Française, sont venus prendre le pouls d’OSR et voir si notre antenne pouvait aussi véhiculer une émission «proche de public», mais avec une touche d’originalité, et une spécificité unique à la région du Centre-Borinage.
Après de nombreuses réunions diverses, notamment avec des animateurs de ‘radio Hainaut’ (RTBF) et de ‘France bleue’ ( à l’époque ciblée troisième âge ), les jeunes responsables d’alors et les nouveaux venus, (des 3x 20) ont trouvé un terrain d’entente, une sorte de compromis inter-générationnel à la belge, entre liberté de diffuser, de parler en dialecte local et qualité intrinsèque d’un tel projet risquant le dérapage permanent dû à la pression populaire vers la facilité, la démagogie et la convivialité.
Bien en a pris l’OSR d’autoriser une telle émission le vendredi, de 17h à 19h (pour ne pas interférer avec les journaux télévisés de l’époque) et d’interdire la diffusion de musiques enregistrées hors de son studio, sans la présence en direct, d’un des interprètes, musicien, auteur et/ou compositeur des œuvres diffusées.
Au fil du temps, les plus anciens passèrent le flambeau à d’autres plus jeunes. Ces derniers, intéressés par notre langue endogène, son vocabulaire spécifique et ses étymologies, procédaient à des recherches littéraires, de poésies et chansons qui marquèrent les générations indigènes. Ils sont restés fidèles à leurs origines, à la culture populaire, et évitent ainsi qu’elle disparaisse, à jamais dans les oubliettes de l’histoire locale et régionale. Plusieurs collections d’ouvrages de référence encore publiés de nos jours ou de partitions musicales presque disparues font le succès de l’émission, et sont collectées avec heuristique.


Son ‘air’ bon enfant, et ses conditions de prises de sons ‘à la limite de l’indécence technique en 2008’, faute de moyens financiers, permettent à certains ‘isolés’ d’avoir un contact hebdomadaire avec des personnes qui viennent leur rendre visite, qui téléphonent nombreux pour participer à un ‘jeu du vocabulaire wallon’ ou celui de ‘la chanson inconnue’, plus pour entendre leur nom sur antenne et se donner l’impression d’une famille virtuelle, issue de tous les milieux, et encore en vie que pour gagner le petit cadeau, généralement offert par les invités et/ou les musiciens eux-même.


C’est l’occasion rêvée pour accueillir et promouvoir des artistes de variétés locaux et régionaux encore fort demandés de part et d’autre de la frontière française, à des fins d’animation de bals ou soirées populaires.

Contrairement à l’impression qu’elle pourrait donner ‘de l’extérieur’, cette émission est le fruit d’un tellement long travail de recherches, répétitions, et contacts humains, qu’il a fallu la scinder en plusieurs ‘équipes’, qui font une tournante chaque mois, afin de pouvoir se préparer à affronter le direct intégral, avec ses relents voulus et pas toujours calculés d’amateurisme, de piraterie, de liberté.


Ceux qui préfèrent les ‘produits populistes à l’emballage bien fait’ doivent s’abstenir.